| Jean Paul de Lombard, ci-devant Seigneur et Marquis de Montauroux |
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Jean-Paul II Lombard de Gourdon, (1751+1820) fut intronisé marquis de Montauroux en 1785 . Il était le seigneur de Montauroux lorsque la révolution ordonna l'encadastrement de ses terres . Cet épisode de la vie de la commune ne fut pas sans chicaneries car son père François II et le bourgeois Camatte son intendant discutèrent âprement les rapports des experts.
Par Robert et Mathieu Cecchinato - Montauroux - - Avril 2010 - Jean-Paul II Lombard de Gourdon, (1751+1820) fut intronisé marquis de Montauroux en 1785 ( voir la généalogie des Lombard ) . Il était le seigneur de Montauroux lorsque la révolution ordonna l'encadastrement de ses terres (voir encadastrement ). Cet épisode de la vie de la commune ne fut pas sans chicaneries car son père François II et le bourgeois Camatte son intendant discutèrent âprement les rapports des experts. Les habitants vexés par tant d'irrespect des décrets de l'Assemblée Nationale fêtèrent l'anniversaire de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1790 en s'attaquant aux biens du Marquis et de son agent. Furieux de ces exactions, le Marquis envoya une sommation à la Mairie pour se plaindre de ce qui était arrivé à Camatte et les officiers de la garde lui répondirent. Il s'en suivi un échange d'exploits ; « voici la réponse des officiers municipaux de Montauroux à l'exploit du ci-devant seigneur réclamant une sauve garde spéciale pour la personne et les propriétés de son agent ». « Il est exposé de la part des Sieurs officiers municipaux du lieu de Montauroux, qui négligent de répondre à l'exploit que Jean Paul Lombard ci-devant Seigneur du dit lieu , leur a tenu le six du mois d'août dernier, s'il ne convenait pas de le désabuser par les idées erronées que cet exploit renferme. Le Sieur Lombard prétend qu'il aurait dépendu des officiers municipaux de prévenir les dommages dont il se plaint. Il est constant cependant qu'ils employèrent tous les soins que la vigilance peut leur suggérer pour dissiper l'insurrection qui se leva le quatorze juillet et c'est ce qu'ils lui ont observé par leur réponse à son premier exploit. S'il avait lu cette réponse avec quelque attention, il se serait bien gardé de supposer injurieusement que les officiers municipaux ne sont pas dans l'intention d'arrêter les suites de l'effervescence que les vexations de son agent avaient excitées parmi les habitants, puisqu'il y affleure qu'ils ne le sont de condamner, d'empêcher, de punir autant qu'il dépendra d'eux toutes les voies de fait et autres procédés répréhensibles, et qu'il se renseigne s'il le faut pour le maintien du bon ordre et de la justice, et pour l'observation des lois ils peuvent se flatter et ils se réjouissent de n'avoir plus vu le moindre désordre dans Montauroux depuis le dix sept juillet dernier. S'ils ont retracé dans leur exploit en réponse du vingt neuf juillet dernier une partie des traits oppressifs que son agent s'était permis, s'ils ont observé que c'était se souvenir de sa conduite tyrannique qui avait fait naître quelques troubles, ce n'a été que pour engager le Sieur Lombard à concourir lui même à les prévenir en inspirant à son agent des sentiments plus populaires, plus équitables et plus conformes aux vœux de l'Assemblée Nationale. Les officiers municipaux n'ont pas entendu par là autoriser les insurrections dirigées contre son agent, ils ont encore moins entendu le menacer dans son existence, ainsi que le Sieur Lombard de l'avancer si inconsidérément, ils ont émis seulement qu'il était digne de leur zèle pour le bon ordre, de prévenir le mal dans sa source par tous les moyens possibles. Le Sieur Lombard aurait du leur rendre plus de justice sur les soins qu'ils ont eu et qu'ils auront toujours de surveiller de tout leur pouvoir à la tranquillité publique. Il n'aurait jamais du se permettre dans ses exploits cette passion qu'il reproche si injustement aux officiers municipaux. Ignore-t-il donc que le ton fier, injurieux et méprisant ne convient plus aux ci-devant seigneurs, depuis que la raison a secoué le pays de la féodalité et qu'il se pénètre mieux les décrets de l'Assemblée Nationale et qu'il apprenne a avoir plus d'égards pour les officiers municipaux dignes du respect de tous les citoyens. Les divers traits d'oppression que les officiers municipaux ont rappelé dans leur précédent exploit ne sont que trop vrais. Ils pourraient en tirer une impunité d'autres mais cela serait inutile. Il leur suffi d'en avoir rappelé quelques uns pour avoir rempli leur devoir en engageant le ci-devant seigneur à inspirer à son agent un repentir salutaire. Si celui-ci a été obligé de s'expatrier les exposants le voient avec peine, ils n'oublieront rien pour veiller dans toutes les occasions à la fermeté et pour prévenir tous les dommages dont ses propriétés et celles du ci-devant seigneur pourront être menacées. L'amour du bon ordre les animera toujours dans l'exercice de leur place et ce ne sont pas les menaces que leur fait le Seigneur Lombard de les rendre responsables, qui les engageront à remplir leur devoir. Il s'est sans doute fait une idée erronée de cette responsabilité que les officiers municipaux savent faire apprécier. S'il avait mieux connu les décrets de l'Assemblée Nationale, il se serait dispensé de requérir avec tant d'affectation que ses biens et propriétés, de même que les propriétés et les personnes de ses gens d'affaires fussent mis sous la sauvegarde de la nation, de la loi, de la justice et de la municipalité. Le décret du vingt quatre juin lui aurait appris que la sauvegarde de la loi est de droit, et que les sauvegardes spéciales accordées par les municipalités sont inutiles. Et pour convaincre encore mieux le Seigneur Lombard ils vont transcrire mot à mot le procès verbal dressé à ce sujet par les Sieurs Honoré David, bourgeois de la garde nationale certifié véritable par le major et capitaine de garde ce jour là dont la teneur suit ; du quatorze juillet mille sept cent quatre vingt dix :
Procès verbal dressé par le Sieur David, commandant en date du 14 juillet 1790. Exactions envers le château des Lombards. Du quatorze juillet mille sept cent quatre vingt dix, nous Honoré David, commandant de la garde nationale de ce lieu de Montauroux, disons que le susdit jour sur l'heure de neuf et demi du soir étant dans la maison de ville avec plusieurs officiers municipaux, et d'autres honnêtes gens, en absence du Sr Honoré Funel, Diacre Maire qui avait été député pour aller assister à l'assemblée du département du Var à la ville de Toulon ; au requis de deux particuliers de ce lieu, fait au Sieurs officiers municipaux qu'il s'était fait des attroupements, et qu'on causait du dommage au château de ce lieu en conséquence les dits Sieurs officiers nous ont requis pour faire aller la garde pour dissoudre un pareil attroupement à quoi ayant adhéré, nous commandant major, capitaine de garde, avec les soldats, nous nous sommes portés aux endroits où nous avons cru pouvoir trouver les attroupements nous avons fait le tour du village et particulièrement au tour du château du sieur Lombard au devant duquel nous avons trouvé un tas de pierres et quelques carreaux de vitre au devant de la porte du château et de là nous nous sommes portés aux deux autres portails de la propriété du sieur Lombard et nous les avons trouvés abattus en partie et n'ayant trouvé personne nous avons fait plusieurs fois le tour du village pendant une grande partie de la nuit et après avoir renforcé la garde nous lui avons ordonné de surveiller toute la nuit afin qu'il ne se commit aucun désordre et le lendemain, nous commandant nous avons fait battre un ban à la place de la Rouguière , lieu accoutumé où nous avons publié en présence des officiers municipaux une proclamation du Roy tendante à la tranquillité et au bon ordre , et au requis des dits sieurs officiers municipaux, nous avons dressé notre présent procès verbal pour servir et valoir ainsi que de raison en foi de quoi nous l'avons signé fait à Montauroux le susdit jour quinze juillet mille sept cent quatre vingt dix .
Signé David. Commandant la garde nationale de ce lieu de Montauroux ;Ricard major de la garde nationale de ce lieu ; Garcin capitaine de garde ; Issaurat, officier municipal ; Lèbre, officier municipal. Signé : Giraud ; Sigallon ; Court ; J.Ollivier ; Funel ; Bourgarel. » Le ci-devant Jean Paul II Lombard de Gourdon fut élu par la suite Maire de Gourdon le 7 octobre 1809. Il meurt à Grasse en 1820. Celui-ci lègue ses biens par testament à son neveu le Marquis Ferdinand de Villeneuve de Bargemont. Sources : Archives municipales de Montauroux ; Archives départementales du Var et des Alpes-Maritimes ; Chiché-Aubrun Marijo, Montauroux Clef des pays de Siagne,1992, 330 pages ; De la Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l’histoire et la chronologie des familles nobles de France,tome 9, seconde édition ,1775. |
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