| Henri Emmanuel Poulle, |
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Monsieur Henri, Emmanuel POULLE est né le 12 Décembre 1792 à MONTAUROUX, à l'aube de la Première République, il est décédé le 13 Avril 1877 au château de SALLES (VAR). Fils d'un ménager, Etienne-François, et de Marie-Anne Porre, il eut deux sœurs et deux frères.
En 1815 il était avocat à Draguignan et plaidait ses premières causes. Ses succès le menèrent à Toulon où il resta quelques temps puis il passa à Aix où il se maria et où naquit sa fille Anne-Victoire-Pauline. Ses succès d'avocat l' amenèrent vers la politique. Député de 1831 à 1848, il n'exerça de fonctions publiques qu'après la révolution de juillet. En août 1830, il fut nommé conseiller de préfecture à Draguignan et, peu de temps après, conseiller à la cour royale d'Aix. Elu, le 5 juillet 1831, député du 3e collège du Var (Draguignan), par 164 voix (247 votants), contre 75 à M. Alban de Villeneuve, il siégea sur les bancs ministériels, et fut réélu, le 21 juin 1834, par 229 voix (324 votants, 405 inscrits), contre 92 à M. de Pastoret.
Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés 05/07/1831 - 25/05/1834 : Var - Majorité ministérielle 21/06/1834 - 03/10/1837 : Var - Majorité ministérielle 04/11/1837 - 02/02/1839 : Var - Majorité ministérielle 02/03/1839 - 12/06/1842 : Var - Majorité ministérielle 09/07/1842 - 06/07/1846 : Var - Majorité ministérielle 01/08/1846 - 24/02/1848 : Var - Majorité ministérielle
Nommé, en 1836, procureur général à la cour d'Aix, il dut se représenter devant ses électeurs, qui lui renouvelèrent son mandat, le 11 décembre de la même année, par 261 voix (321 votants). Réélu, le 2 mars 1839, par 279 voix (281 votants, 469 inscrits), il fut promu premier président de la cour d'Aix, se représenta devant ses électeurs, qui le renvoyèrent successivement à la Chambre, le 4 décembre 1841, par 289 voix (290 votants, 488 inscrits); le 9 juillet 1842, par 284 voix (287 votants, 488 inscrits); le 1er août 1846, par 337 voix (340 votants, 502 inscrits). Très attaché à la monarchie d'Orléans, il approuva les lois de septembre, de disjonction et d'apanage, suivit M. Guizot dans la coalition contre le cabinet Molé, et vota pour la dotation du duc de Nemours, pour les fortifications de Paris, pour le recensement, contre les incompatibilités, contre l'adjonction des capacités, pour l'indemnité Pritchard, contre la proposition relative aux députés fonctionnaires. Il quitta la vie parlementaire à la révolution de 1848, et fut admis à la retraite, comme premier président, le 2 juin 1863.
Le journal « Le Var » a publié certaines de ses poésies en 1811 et 1812. Il était ami avec Lamartine.
Il défendit avec ardeur les intérêts de Draguignan. C'est lui qui grâce à son influence et à ses démarches fît construire l'Hôtel de la Préfecture. Il a été aussi très intéressé par la construction du chemin de fer du Central Var et publia à cet effet une étude en 1867.
Au XIXe siècle, un lieu dit nommé « Colle Narbonne », désignait l’emplacement d’une vieille bastide du XVe siècle, qui se trouve actuellement sur la route de Grasse. Henri-Emmanuel Poulle, issu d’une vieille famille de Montauroux, devient propriétaire d'un immense domaine de plus de 100 hectares où l'on cultive la rose à parfum, les vignes et le jasmin qui prend alors par extension, le nom de tout le quartier : « La Colle Noire »
En 1858, à l’âge de 66 ans, il décide d'y construire une grande demeure pour sa retraite. La construction va durer 3 ans (de 1858 à 1861). Sur ce même terrain, Maître Poulle fait édifier une chapelle dédiée à Sainte Anne, prénom de sa fille Anne-Victoire et l’office y est célébré par le curé de la paroisse. Henri-Emmanuel Poulle possède également sur les hauteurs de Montauroux, une chapelle dédiée à St Barthélémy, construite en 1634 par les Pénitents Blancs, qui fut entièrement décorée et aménagée par des artistes anonymes. Grâce à un « titre de propriété perdu », elle ne put être vendue comme « bien national » sous la révolution française et a été soustraite à d’éventuels actes de vandalisme pendant la révolution de 1870. Elle passe ainsi dans le patrimoine de M. Poulle.
A la mort de Maître Poulle en 1877, la propriété passe à sa fille, Anne-Victoire (1827-1894), mariée à Monsieur Félix Reibaud, Maître des Postes. Anne-Victoire, très pieuse, obtient de l’Evêché, que le curé de Montauroux puisse dire la Messe à la Chapelle Sainte Anne, dans la propriété, tous les dimanches et jours de fête, excepté Noël et Pâques. Les habitants du quartier prennent alors l’habitude de venir entendre la messe à la Chapelle. Au cours d’une visite pastorale de l’évêque de Fréjus, le curé se plaignit du surcroît de travail et la présence d’un prêtre pour officier à « La Colle Noire » ne fut plus qu’épisodique. Au décès d’Anne-Victoire Poulle en 1894, son fils, Paul-Félix Reibaud devient propriétaire. Chef de Bureau au Ministère de la Justice à Paris, il n’a que faire d’une propriété dans le Var natal, et s’en désintéresse ! La propriété à l’abandon est vendue à Pierre Gosselin, qui la gardera jusqu’en 1950. En 1950 la propriété de 50 hectares, après plusieurs années à l'abandon, (bien que vaste,la demeure est alors délabrée), est rachetée par Christian Dior qui vécut non loin à Callian en 1940 avec sa sœur et son père. Sources : Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (A.Robert et G.Cougny) Marijo Chiché-Aubrun « Montauroux les clefs du Pays de Siagne » |
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