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Annales paroissiales de Montauroux

(Projet commencé en 1846)

Auteur anonyme

Transcrit par Mathieu Cecchinato

- Août 2008 -

 

D’après des renseignements traditionnels dignes de foi, l’église de Montauroux existait avant 1691, mais elle était alors plus petite qu’aujourd’hui, et c’est sans doute parce qu’elle ne pouvait plus suffire aux besoins de la population qu’elle fut agrandie et partiellement reconstruite comme on la voit de nos jours.  

Le millésime 1691 gravé sur une des pierres angulaires du mur occidental atteste cette reconstruction. Il résulte des mêmes renseignements qu’un Jésuite du pays nommé Polla (Poulle) fournit le plan de cette rectification. Il paraît d’ailleurs par l’aspect de la maçonnerie que les murs du Midi, du Levant et du Nord offrent moins de vétusté que celui du Nord Ouest ou Couchant, qui du reste a été recrépi en 1752. La maçonnerie du clocher semble être de la même époque, et tout fait penser que cette tour a été construite en même temps qu’on a agrandi l’église c’est à dire en 1691.   Cette tour n’était point telle qu’on la voit de nos jours, mais elle était surmontée d’une flèche ou pyramide octogonale, dont les faces latérales étaient couvertes de briques de diverses couleurs, et les arêtes garnies d’une multitude de petits sifflets en terre cuite, vernis et diversement colorés qui rendaient un son aigu au souffle de tous les vents. 

De 1770 à 1780 la foudre tomba sur le clocher et en détruisit la flèche. En 1791, un siècle après la construction présumée du clocher, lorsque le Gouvernement révolutionnaire s’emparait des vases sacrés et des cloches, les habitants du pays eurent l’heureuse idée de prendre une et la meilleure des trois cloches qui garnissaient la tour pour la mettre à la place du timbre de l’horloge construite quelques années auparavant. Cette cloche est la même qui surmonte encore aujourd’hui le clocher, soutenue par une cage en fer, elle a pour une inscription : Maria Salvaterra (millésime 1724). 

On trouve dans les archives de la commune des documents qui constatent qu’en 1752 on a fait des réparations à la flèche du clocher, à l’église et à la maison curiale. Dans cette même année 1752 on construisit aussi le petit mur oriental du cimetière et on éleva vers le milieu de ce champ du repos un pilier en pierre de taille surmonté d’une croix en fer qui existe encore aujourd’hui. Ce cimetière est attenant à l’ancien fort et la chapelle St-Barthélémy qui peut-être dans des temps très reculés était la seule église du lieu. La transmission du titre de patron (St-Barthélémy) à l’église actuelle semble venir à l’appui de cette probabilité.  

Cette chapelle est ornée d’une infinité de tableaux peints sur bois représentant des Saints ou des allégories et des faits tirés de l’histoire sainte, ils en tapissent entièrement les parois intérieures et la voûte. Ce bâtiment est de temps immémorial affecté aux pieux exercices de la confrérie des pénitents blancs. On espère autant qu’on désire que cette confrérie, mieux pénétrée des devoirs qu’elle doit remplir vaquera de nouveau à ses exercices qu’elle a interrompus depuis environ dix ans (de 1833 à 1838). 

Le tabernacle du maître-autel en bois doré date de 1716.

A une pierre placée sur la porte du mur occidental du côté du cimetière on lit cette inscription :

SANCTE BARTHOL

PATRONE MONTAV

ROSIENTVM  INTE

R. CEDE P. EIS 1638

Ainsi interprétée, St Barthélémy, patron des Montaurounais, intercédez pour eux (les quatres premières lettres du mot intercédé sont presque effacées par le temps). Le mot Montaurosientum contenu dans l'inscription précédente indique l'origine de celui de Montauroux, Montaurosus de Mons montagne aurosius battue par les vents. Cet adjectif formé de aura ne se rencontre pas dans les auteurs latins, mais sans s'arrêter à cette considération on peut regarder l'étymologie comme exacte parce qu'elle exprime parfaitement la situation topographique de la paroisse.

Le duc d'Epernon en 1592 détruisit le fort St Barthélémy dont il ne reste que les ruines. Il fit pendre aux créneaux 5 ou 6 officiers et étrangler une soixantaine de soldats qui avaient mis le plus d'opiniâtreté à se défendre (1) . La position de ce fort est telle qu'il n'aurait pu être attaqué avec succès que du côté de la chapelle. Sans doute celle-ci, si elle n'a pas été entièrement détruite, aura eu beaucoup à souffrir de cet assaut. N'est-il pas rationnel de croire que dans ces temps de désordre et de guerres civiles la chapelle n'aura pas été immédiatement reconstruite et le millésime 1638 rapporté ci-dessus ne semblerait-il pas indiquer que cette chapelle n'a été relevée de ses ruines que quarante-six ans après ? Cette conjecture paraît assez probable.

(1) D’après une tradition populaire ces soldats furent pendus deux à deux en forme de besace, sur les murs mêmes du fort, malgré la capitulation qui leur accordait la vie sauve.

Succession des Curés et évènements qui s’y rattachent.

Les registres de l’Etat Civil qui commencent en 1532 sont si mal écrits qu’il est impossible de connaître les noms des curés qui en rédigeaient les actes. Celui qui dirigeait la paroisse en 1612 était Messire Chaumettes. Mre Canavas lui succède en 1613, après lui Messire Millot en 1633 et Mre Fouques (1639), Mre Isnard (1644), Mre Rey (1767). Les registres de l’état civil manquent et la succession des curés est interrompue jusqu’en 1717 ou Mre Mège fut curé ; dans cette période l’indulgence des associés à la Confrérie du St Esprit fut accordée à la date du 25 mars 1702. La Bulle du Souverain Pontife est tellement endommagée qu’on ne peut la lire.

Le 10 mars 1703, Monseigneur de Fleury donna un règlement pour la Congrégation du St Rosaire avec indulgence. En 1717, les Maire et Consul Marc Gilly et Jean Segallon supplièrent Monseigneur de Castellane d’établir une solennité en l’honneur des reliques de Ste Victoire et Ste Spécieuse rendues authentiques l’une par Monseigneur de Fleury et l’autre par l’Evêque supplié. Ces reliques furent données par Messire Henry Giraud prêtre prieur de Tourtour et vicaire de la Roque Esclapon.

L’institution de cette fête est à la date du 25/9 et en fixe la solennité au premier dimanche de Carême. Plus tard, selon la tradition les habitants se plaignirent de ne pouvoir manger que des légumes et la fête fut alors établie le 2e dimanche après Pâques. La supplique relative à l’institution des Saintes fut présentée à Monseigneur de Castellane le jour de sa visite pastorale.

Mre Poulle curé

En 1735 la cure fut assignée à Mre Poulle diacre qui fut installé curé l’année suivante après son ordination à la prêtrise.

En 1745 eut lieu d’après le consentement de Mre Poulle la défalcation du Hameau des Adrets dont il était condécimateur avec les Evêques de Fréjus.

L’ancien maître-autel en bois dur, sculpté et doré fut alors placé dans le sanctuaire (1748). Il coûta 1500 Fr. Cet autel dont le bois était en mauvais état a été porté à la chapelle St Barthélémy en 1843, lorsqu’on a acheté un autre maître-autel en marbre.

1763. Procès verbal de la visite de Mgr de Beausset qui ordonne diverses réparations à l’église et au presbytère et permet des règlements.

Mre Rey curé

Mre Rey succéda à Mre Poulle en 1771 et prit possession de la maison curiale qui, d’après son placet adressé à Mgr de Beausset, était inhabitée depuis 50 ans (Mre Poulle logeait dans sa maison rue du Clos). Il ne put obtenir des consuls les réparations indispensables dont le presbytère avait besoin, il ne lui fut pas permis non plus de les faire à ses frais. Il fallut qu’une ordonnance épiscopale intervint.

Une Mission eut lieu à Montauroux en 1773. Mre Rey en a laissé une relation détaillée : les Missionnaires étaient : Messire Donadieu, curé du Val ; Roustan Bénéficier à la Cathédrale ; Garcin curé d’Escragnolles et Guignon secondaire à Seillans. Les Missionnaires et les habitants ne furent pas d’accord sur le lieu où devait être placée la Croix, ceux-là voulaient la planter devant l’église et ceux-ci « au Clos ». Les esprits s’échauffèrent. On fut sur le point de donner un exploit aux Missionnaires. Mre Rey pour faire la part de tous bénit la Croix du peuple pour la placer « au Clos » et la croix de mission indulgenciée fut placée devant l’Eglise.

En 1775 la paroisse de Montauroux va processionnellement à Callian, supplier Ste Maxime pour obtenir la cessation de la sécheresse qui désolait la terre.

En 1778 l’autel du Purgatoire et celui de St Sébastien furent dorés et marbrés pour la somme de 144 Fr. chacun.

1780. Mre Rey acheta les 4 tableaux qui ornent le sanctuaire : St Pierre, St Paul, Ste Magdeleine et Ste Marie Egyptienne ; le tableau de St Barthélémy existait précédemment en très mauvais état, il fut réparé sous Mre Arnaud en 1820.

1783. On construisit 2 cuisines au galetas de la maison curiale pour l’usage des 2 vicaires. Mre Rey obtint de Rome les reliques de St Barthélémy dans 2 petits reliquaires l’un en 1790 (22 Juin) l’autre le 14 Juin 1797.

Ainsi qu’on le voit la Révolution française trouva Mre Rey en possession de sa cure. Les prêtres eurent alors à souffrir cruellement de ces passions furieuses et sanguinaires qui désolèrent la France. Mre Rey éminemment orthodoxe, attaché par conviction à l’ancien régime voyait avec regret les progrès rapides de cette révolution qui allait plonger un grand peuple dans un abîme, d’où la main de Dieu seule a pu le tirer.

A la mort de Mirabeau des prières publiques furent ordonnées pour le repos de son âme. Mre Rey après la cérémonie dit aux fidèles qui étaient assemblés dans l’église : « Ce que nous avons fait ne lui servira de rien, s’il n’a pas avec lui ses bonnes œuvres ». (tout aquo li servira de ren, si soun es pas fa passa davant). Ce propos, tenu à l’église et en pareille circonstance était au moins intempestif, surtout si l’on considère que la majorité des assistants n’était pas à portée de le comprendre.

En effet, la plupart sans distinguer entre les damnés et les élus crurent que les prières pour les morts étaient inutiles. On le dit on le répéta : l’ignorance et sans doute aussi la malveillance s’en furent une arme, non seulement contre Mr Rey mais encore oserai-je le dire contre la religion. Mre Rey perdit un peu de sa popularité.

La loi du 28 Xbre 1790 obligea les prêtres à prêter le serment. Mre Rey ne le prêta pas dans les termes décrétés et déclara même au Commissaire du Directoire du district qu’il ne le reconnaîtrait jamais pour son évêque, l’évêque actuel du département. D’autres prêtres n’eurent pas les mêmes scrupules et sans doute d’accord avec leur conscience prêtèrent le serment ordonné par la loi. Tels furent Mre Chautard son vicaire, Gayte de Callian, Poulle de Montauroux qui renonça bientôt aux fonctions sacerdotales et devint notaire du lieu. Il y eu alors pour la même église plusieurs prêtres, l’un non assermenté et les autres assermentés ou constitutionnels comme on les appelait alors. Ce fut là l’origine de scandales sans nombre qui avaient lieu même dans le temple du Seigneur. Il n’était pas rare dans ces temps de douloureuse mémoire, de voir un de ces prêtres attaquer en chaire les actes de l’autre, les considérer comme nuls et taxer de mensonge tout ce que qu’il disait ; cette conduite était à peu près réciproque (Ce détail n’est pas ici dans l’ordre chronologique, on le trouvera plus loin).

On conçoit combien la religion avait à perdre à de pareilles dissensions dans l’esprit d’une population ignorante et passionnée.

On trouvera plus loin le texte de 2 arrêtés de Mr le Préfet du Var relatifs aux Sieurs Chautard et Gayte.

1792. Cependant Mgr Rigoris évêque constitutionnel vint faire sa visite pastorale. Mr Rey ne voulut ni le reconnaître, ni le recevoir. Déjà des violences avaient été commises dans la paroisse, non seulement contre Mr Rey mais encore contre le seigneur Marquis Lombard, son agent Camatte et autres par cette partie cariée de la population, qui toujours prête à provoquer le désordre pour en profiter se livre à tous les excès lorsque la loi n’a plus de frein assez puissant pour la contenir. On avait lancé des pierres à la porte et aux fenêtres de la maison curiale, dans la nuit du 12 mai, on avait menacé d’en piller les meubles. Mr Rey et les autres victimes de ces actes odieux s’en plaignirent à la Municipalité qui en référa au Directoire du département à Toulon. Un arrêté en date du 29 mai 1792 intervint pour faire dénoncer et livrer à l’accusateur public, les auteurs de ces brigandages. En ce qui concernait Mr Rey, le Directoire considérant que ce prêtre n’avait pas prêté le serment ordonné par la loi, ni reconnu l’évêque du département, qu’il était accusé par la généralité de ses paroissiens d’exciter et de fomenter le trouble dans le lieu, par ses opinions et ses actes inciviques déclara qu’il y avait lieu de procéder à son remplacement et ordonna que le dit Mr Rey serait appelé auprès de lui, dans la huitaine, pour y rendre compte de sa conduite.

Mr Chautard

1792. Mr Chautard son vicaire prit alors le titre de procuré, et bientôt après il fut installé définitivement au presbytère. Mr Rey avait été obligé d’en sortir et s’était réfugié dans la maison de Mr Louis Giraud, Maire qui le reçut et le protégea pendant la nuit contre les insultes de la populace, le lendemain il se retira à Fayence où il ne tarda pas d’être arrêté par ordre du gouvernement révolutionnaire. On le conduisit à Paris sur la fatale charrette, lorsque la chute de Robespierre au neuf thermidor (27 juillet 1794) sauva la tête du martyr et épargna à la France un crime de plus.

Mr Chautard resta curé à Montauroux durant la période révolutionnaire (de 1792 à 1802). Nous n’entrerons pas dans le détail de ses actes comme prêtre constitutionnel. Tout le monde sait ce qui se passa alors en France et notre but n’est pas de le raconter ici. Le fanatisme politique avait fait fermer les églises, les dimanches avaient été supprimés et remplacés par les décades, les chants patriotiques substitués aux chants religieux, l’autel de la patrie à celui du Tout Puissant. La religion couverte d’un voile. Tels sont les faits désolants des premières années de cette période.

Lorsque l’effervescence des partis fut un peu apaisée, Mr Chautard revint aux exercices du culte catholique qu’il n’avait jamais complètement abandonné. Il est certain, en effet, que même pendant la terreur, lorsque l’église était fermée Mr Chautard n’avait cessé d’administrer dans les maisons particulières les sacrements de Baptême et de Mariage et si les registres de la paroisse manquent depuis l’année 1792, époque où les registres furent versés à la municipalité jusqu’en 1803 lorsque Mr Rey reprit ses fonctions on peut en conjecturer ou que Mr Chautard les avait égarés ou ce qui est plus probable que Mr Rey les avait supprimés comme entachés de schisme.

La Postérité jugera ces deux prêtres mais si nous songeons à l’époque terrible dans laquelle ils ont vécu, aux passions humaines soulevées alors pas le souffle de la Révolution comme les vagues de l’Océan au souffle impétueux de la tempête, nous conviendrons que ces 2 hommes qui, par une fatalité inséparable de la circonstance, avaient divisé en 2 camps, la population de la paroisse surent néanmoins contenir leurs partisans et empêcher les crimes à une époque où l’exaspération des partis les faisait commettre avec un cynisme si révoltant.

Nous ne terminerons pas le récit de cette triste époque sans parler d’un autre prêtre, le Prieur Ricard, qui, dans les temps révolutionnaires, lorsque les églises étaient profanées, ou lorsque les vrais catholiques, amis de Mr Rey ne voulaient pas assister aux messes et aux offices chantés par Mr Chautard, disait la messe ordinairement le jour et quelquefois la nuit dans sa maison située Rue Neuve. Il y baptisait aussi et bénissait les mariages dans les cas assez rares où les parties ne voulaient pas recourir au ministère de M. Chautard.

Mr Rey

1803. A son retour de Paris, Mr Rey continua de résider à Fayence jusque vers l’an 1803. Il venait quelquefois à Montauroux où il séjournait plusieurs jours, dans la maison des sœurs Bourgarel à la Rue Droite. Vers la fin de 1802 il fut réinstallé dans sa paroisse et continua néanmoins d’habiter chez les sœurs Bourgarel, sans doute parce que le presbytère était alors occupé par la Mairie qui s’en était emparée après 1792 pour empêcher que la nation ne le vendit. Mr Chautard l’habitait aussi et y avait ouvert une école. La présence de Mr Rey et de Mr Chautard entretenait le trouble dans l’habitation, des actes coupables furent commis ; on brûla une meule de gerbes à la ferrage des sœurs Bourgarel.

Dans le but d’apaiser les esprits et de rétablir le calme dans la paroisse, Mr Chautard fut proscrit par arrêté de Mr le Préfet du 30 Nivôse an 12 (21/01/1804) dans lequel il est dit que si ce prêtre n’était pas l’auteur des troubles qui avaient agité la commune, il en était la cause occasionnelle. Six mois après Mr Chautard libre de rentrer à Montauroux comme on le verra par l’arrêté préfectoral ci-après transcrit, revint encore habiter la commune où il est mort en 1829 après y avoir exercé durant près de 30 ans les fonctions d’instituteur.

Suit le texte de l’arrêté préfectoral en date du 27 Messidor an 12 de la république (16 Juillet 1804) :

 Le Préfet du département du Var

Vu son arrêté du 30 Nivôse dernier portant que le sieur Chautard ex-curé constitutionnel de la commune de Montauroux, sera tenu d’abandonner cette résidence dans le délai de 3 jours et qu’il ne pourra fixer son domicile que dans une commune éloignée de 5 Myriamètres, où il demeurera jusqu’à nouvel ordre sous la surveillance de l’autorité locale.

Considérant qu’il résulte des renseignements ultérieurement pris sur la conduite du dit Sr Chautard, qu’il n’a jamais influencé les malveillants qui, sous le masque de la religion, ont semé la discorde dans cette commune, que sa présence n’était qu’un prétexte pour ces hypocrites qui ont employé depuis les mêmes moyens et n’ont fait que changer d’objet, dans le dessein de perpétuer les troubles qu’ils ont suscités :

Arrêté

L’arrêté du 30 nivôse dernier dont il s’agit est rapporté ; le Sr Chautard est libre de fixer sa résidence dans telle commune qu’il jugera à propos.

Signé : Faucher.

Après le départ de Mr Chautard les ennemis de Mr Rey appelèrent de Callian le Sr Gayte dont nous avons déjà parlé. Ce prêtre vieux et infirme disait ordinairement la messe à la Chapelle St Barthélémy quelquefois aussi à l’église, à l’autel de St Joseph. Il pouvait à peine s’y traîner et y était en quelque sorte porté et soutenu par ses partisans, s’il arrivait que Mr Rey officiât en même temps, alors au dire des contemporains, les assistants se tournaient chacun vers l’autel où était son curé et offraient ainsi durant les offices divins, un spectacle aussi bizarre qu’affligeant.

On comprend parfaitement qu’à cette époque, le scandale produit par cette espèce de schisme, ne pouvait durer longtemps, aussi un arrêté de Mr le Préfet, en date du 27 Messidor an 12 (16 Juillet 1804) ci-après transcrit, vint y mettre un terme :

Le Préfet du département du Var

Informé que l’espèce de schisme qui subsiste entre une partie des habitants de la commune de Montauroux et leur curé prend sa source dans l’esprit de parti ; que les dissidents profitent pour fomenter les troubles de la faiblesse de Sr Gayte prêtre, que ses infirmités rendent inhabile à remplir les fonctions du sacerdoce, et qui n’a pas même justifié qu’il fut en communion avec Mgr l’Archevêque d’Aix, que la présence de cet individu est essentiellement nuisible au rétablissement du bon ordre et de la tranquillité de cette commune.

Arrêté

Le Sr Gayte sera tenu d’abandonner dans la huitaine la commune de Montauroux pour se retirer dans celle de Callian lieu de son domicile de droit, ou dans tout autre qu’il jugera à propos.

Charge le Maire de Montauroux de tenir la main à l’exécution du présent arrêté qui sera par lui notifié au Sr Gayte.

Signé : Faucher.

Il le fut en effet le 3 Messidor (22 juin) et Mr Gayte se retira à Callian.

1804. Par ordonnance de Mgr l’Archevêque d’Aix, Mr Pelacy curé de Fayence délégué vint vérifier les reliques de la Ste Croix, de Ste Victoire, de Ste Spécieuse. Cette vérification est constatée par trois procès verbaux.

1807. Mr Rey qui avait continué d’habiter la maison des sœurs Bourgarel se retire à Fayence et est remplacé par Mr Alexis Rey.

Alexis Rey

Ce prêtre est aujourd’hui (1846) chanoine de la cathédrale. Il fut nommé recteur de Montauroux le 22 février 1807 et alla s’établir au presbytère qui cessa alors d’être occupé par la Mairie et reprit son ancienne destination.

Mr Alexis Rey fit fondre un cloche en avril 1808, c’est celle qui est placée à la face orientale du clocher. En 1808 il est nommé curé à Roquebrune puis chanoine titulaire à la cathédrale de Fréjus en 1836, y décède le 21 Janvier 1851 âgé de 90 ans.

Mr Bonnafous

Mr l’Abbé Bonnafous Honoré Joseph né à Grasse le 27 Août 1762 successivement vicaire à Grasse en 1805.

1808. Mr l’Abbé Bonnafous remplaça Mr Rey vers la fin du mois d’avril et resta à Montauroux moins d’une année.

1808. Il acheta la croix d’argent pour les processions et fit sculpter le buste de St Barthélémy dont les reliques furent vérifiées comme il a été dit par Mr Pelacy curé de Fayence délégué.

L’église possédait une belle croix pour les processions, du prix, dit-on, de 1500 Fr. Elle fut prise par le gouvernement révolutionnaire et portée à Fréjus, chef-lieu de district avec les vases sacrés et les cloches pour alimenter le trésor public.

Mr l’Abbé Bonnafous fut nommé recteur à Peymeinade, recteur au Tignet 1809, curé doyen de St Vallier en 1819, recteur au Tignet en 1824 et en retraite à Grasse en 1832, y décède le 6 Août 1842 âgé de 80 ans.

Mr Arnaud Honoré Claude

1809. Depuis la mi-février jusqu’à la fin d’avril 1809 la paroisse fut vacante. Mr Honoré Arnaud en fut alors nommé recteur. Né à Claviers le 15 mars 1760, religieux Augustin du couvent de Paris en 1790, vicaire à Claviers pendant la révolution, recteur de la même paroisse en 1802, recteur à Montauroux le 2 Mars 1809.

1812. Le calice en laiton est remplacé par un autre en argent.

1814. On achète les 10 chandeliers du maître-autel et on fait faire la balustrade en fer qui sert d’appui de communion. Nous parlerons plus loin du bienfaiteur qui contribua à cette bonne œuvre ainsi que de tous ceux qui ont fait des dons à la paroisse.

1815. Par les soins des Prieurs de la confrérie des pénitents les abord de la chapelle St Barthélémy furent déblayés, une masse considérable de rochers qui obstruaient le mur méridional et s’étendaient assez loin sur le plateau où est établie aujourd’hui l’aire publique furent démolis avec la poudre et le pic. L’accès de la chapelle sur ce point étant alors devenu libre on y ouvrit une porte de moyenne grandeurs en pierres de taille.

1816. Mr Arnaud éprouve de grandes difficultés pour établir le silence dans l’église et faire régner l’ordre pour les places. Il fut obligé (ce qui lui fut bien pénible) d’intenter une affaire en police correctionnelle et le recueillement se rétablit alors dans tout le lieu saint.

1817. Mr Arnaud fit blanchir l’église pour la somme de 60 Fr.

1821. Deux cloches, une grosse et une petite sont fondues. Quelques jours après elle se cassent toutes les deux ; on les refondit en une seule qui existe aujourd’hui à la face méridionale du clocher. Mr Bernard mort quelque temps après à l’âge de 99 ans et quelques mois avec la veuve Ollivier en furent les parrain et marraine. Ils contribuèrent tous les deux à cette bonne œuvre.

En cette même année (1821), Mgr de Beausset Roquefort délègue Mr Guignon vicaire général pour faire la visite pastorale ; on ordonne alors de faire boiser la sacristie trop humide.

1827. Visite de Mgr de Richery et Jubilé.

1830. Visite pastorale de Mgr Michel.

1834. L’âge et les fatigues du saint ministère épuisent les forces de Mr Arnaud qui sollicite sa retraite. Mgr lui envoie le 21 juin un prêtre de secours M. l’Abbé Pierrugues.

1837. Trois ans après Mr Arnaud obtient de l’évêché une pension de retraite et, avec le titre de curé honoraire, se retire à Callas pour y terminer ses jours au milieu de ses parents, il y meurt le 17 Août 1844 âgé de 84 ans.

Mr Arnaud laissa à Montauroux une réputation de sagesse qui lui valut les justes regrets de la population. Homme simple, doux, tolérant sans faiblesse il était le protecteur et l’ami de tous ses paroissiens et savait allier l’affabilité la plus touchante à toute la dignité qu’exigent les fonctions sacerdotales.

Pendant l’été on le voyait le soir surtout, se promener lentement sous l’ormeau séculaire qui ombrageait alors la place de l’église ; vêtu d’une simple veste longue et causant familièrement avec tout le monde. Il était dans sa paroisse comme un père au milieu de ses enfants. Il les aimait si tendrement, que sur le point de les quitter son cœur défaillit et il ne put faire ses adieux à personne. Il s’en alla seul en pleurant, ceux qui le rencontrèrent témoins de cette douleur muette n’osèrent pas la troubler mais les larmes du bon Pasteur ne coulèrent pas seules et l’on s’affligea de sa perte comme d’un malheur public.

Mr Pierrugues Jean-Baptiste

Né à Claviers le 21-7-1806, vicaire auxiliaire à Montauroux en 1833. Il fut recteur de la même paroisse le 12 Avril 1837.

On avait délibéré sous Mr l’Abbé Arnaud de faire changer les dalles de l’église qui étaient rompues sur tous les points. Ce dallage s’effectua en 1837 sous Mr Pierrugues pour la somme de 800 Fr.

Il convient de donner ici les noms des Bienfaiteurs connus jusqu’aujourd’hui (1846). Ce sont :

1° Poulle Magdeleine veuve de Jean Porre cadreur à laine qui par acte du 11/3 1765, notaire Castelle à Callian a légué à l’église la somme de 300 Fr. dont les intérêts sont annuellement payés au recteur de la paroisse le 24 du mois d’Août.

2° Marguerite Perrache qui fit faire en 1814, la balustrade en fer pour appui de Communion.

3° Mr Bernard et Mme Ollivier qui fournissent pour la cloche fondue en 1821.

4° Madame Magdeleine Ricard Vve Talon fit faire le dallage de l’église en 1837 et fournit 200 Fr. pour l’achat de l’autel de marbre dont il sera parlé bientôt.

5° Mr Poulle Henry Emmanuel que Montauroux s’honore d’avoir vu naître. Député du Département du Var, Premier Président de la Cour Royale d’Aix qui, ainsi qu’on le verra par les détails qui suivent a toujours employé auprès du Gouvernement sa bienveillante intervention pour faire obtenir des secours non seulement à l’église, mais encore à tous les malheureux de la commune.

1838. On achète la statue de la Ste Vierge qui est bénite le 12 Août par Mr Loques curé de Fayence. Cette statue a coûté 200 Fr.

1838. La congrégation des demoiselles sous la protection de la Ste Vierge est établie par Mgr Michel.

1839. Achat de la statue de Ste Anne du prix de 150 Fr. bénite le 5 Juillet et dont on obtient les reliques approuvées en 1843 par Mr Blacas vicaire général. Mr Poulle obtint du gouvernement un secours qui est employé à l’achat de cette statue.

1840. Les tribunes sont carrelées, on reconstruit à neuf les marches en pierres de taille des chapelles qui sont dallées aussi à cette époque. La réparation totale est faite pour la somme de 500 Fr. Mr Poulle obtient pour cet objet un secours de 200 Fr.

1840. 21 Mai. Visite pastorale de Mgr Michel qui parut satisfait.

1840. 13 Novembre. L’indulgence en l’honneur du Sacré Cœur de Jésus est accordée par Mgr Michel.

1841. 21 Février. Le Chemin de la Croix est établi canoniquement et l’on achète les tableaux des S.S. Cœurs de Jésus et de Marie.

1841. Les irrévérences se multiplient dans les tribunes surtout pendant le catéchisme et la congrégation, Mr Pierrugues fit enlever la porte qui donne accès à une petite pièce située au-dessus de la sacristie entre les murs du clocher où tombent les poids de l’horloge et la fit placer dans l’intérieur de l’église à l’ouverture de l’escalier par lequel on monte aux tribunes, afin que cette ouverture put être fermée hors le temps des offices si on le jugeait à propos. Le déplacement de cette porte souleva contre lui la municipalité locale qui, après une discussion assez vive s’en référa à l’autorité supérieure. Mgr Michel d’accord avec Mr le Préfet du Var confirma par ordonnance du 10 avril la mesure prise par le Recteur quant au placement de la porte intérieure des tribunes, mais celui-ci fut invité à faire replacer une porte à la petite pièce d’où elle avait été enlevée.

1842. On achète la statue de St Joseph pour la somme de 85 Fr. Les reliques obtenues de Rome sont approuvées par l’Ordinaire le 10 Mars 1843.

1843. Achat du maître-autel en marbre du prix de 1300 Fr. Le carrelage du sanctuaire est refait à neuf ainsi que les 3 marches en pierres de taille. Mme Talon dont il est parlé plus haut contribue à ces dépenses par un don de 200 Fr. et Mr Poulle Emmanuel obtient sur les fonds départementaux une subvention de 300 Fr.

Sa Majesté la Reine des Français sur la demande du dit Mr Poulle accorde à l’église de Montauroux le tableau représentant l’Assomption de la Ste Vierge d’après Murillo peintre espagnol copié par Le Cerf. Ce tableau est placé dans le sanctuaire derrière le maître-autel et le retable du sanctuaire fut placé à la chapelle St Barthélémy où il fait encore l’admiration de nombreux touristes.

1844. On fait re marbrer les encadrements des autels et rafraîchir les tableaux pour la somme de 130 francs.

1846. La chaire était en plâtre et fort dégradée et on n’y arrivait que par une échelle de bois très vermoulue, aussi on se fit un devoir de la remplacer par une autre chaire en bois dur du prix de 480 francs. Elle est encore en bon état (1913) mais les escaliers sont trop petits.

1846. Vol sacrilège. Dans la nuit du 8 au 9 mai des malfaiteurs s’introduisent dans l’église en ouvrant, au moyen d’une fausse clef, la porte de la tribune latérale située au-dessus de l’autel de St Joseph. Après avoir brisé la caisse et le tronc et s’emparèrent d’une vingtaine de francs, hélas ! malgré les nombreuses recherches les voleurs ont échappé à la justice des hommes, mais non à celle de Dieu qui punit souvent, dès ici-bas, de pareils crimes.

1846. 24 Octobre. Visite pastorale de Mgr Wicart.

Un incident qui mérite d’être relaté signala cette visite. Le conflit soulevé en 1841 entre l’autorité locale et le curé, au sujet de la porte de la tribune, dont il a été déjà parlé, avait indisposé contre lui bon nombre de personnes.

Quelques plaisanteries de Mr Pierrugues, mal interprétées et attribuées à des sentiments peu charitables qu’on lui supposait à l’égard d’une partie de la population avaient excité contre lui les haines les plus violentes. Si Mr Pierrugues plaisantait quelques fois, ses plaisanteries laissaient toujours percer, au jugement de ses détracteurs, une mordante ironie ; s’il menaçait parfois dans le but de prévenir le mal pour ne pas être obligé de le faire punir, alors c’était un …tyran guettant les moindre peccadilles de ses paroissiens pour les dénoncer aux tribunaux etc.… et cependant durant les quinze années qu’il a passées à Montauroux, on ne peut citer aucune affaire judiciaire qu’il ait intentée quoiqu’il en eut souvent l’occasion vu le mauvais esprit d’un grand nombre qui espéraient ainsi blanchir leur mauvaises conduite en persécutant leur dévoué curé.

A cette époque on remarquait dans le pays un grand nombre de chambrées où les habitants se réunissaient le soir pendant l’hiver et assez souvent le jour lorsque le temps ne leur permettait pas de vaquer à leurs travaux habituels.

Dans ces réunions on parlait un peu de tout et la calomnie aidant, le parti qui était hostile au curé devint de plus en plus nombreux et profitant de la visite pastorale de Mgr Wicart ils envoyèrent une députation à sa Grandeur pour lui demander le changement du curé. Mais Mgr l’Evêque n’acquiesça pas à leur demande et ce refus irrita de plus en plus les meneurs. Et le soir, cette foule égarée insultait ce prêtre qui avait fait du bien à tous et qui recevait ainsi de ce peuple qu’il aimait tendrement la plus noire ingratitude et nous verrons bientôt qu’il sera obligé de quitter ses ouailles. Comme le Divin Maître sera abandonné de tous.

1847. Du 7 Novembre au 1er Décembre une retraite fut prêchée avec fruit par Mr l’Abbé Michel aumônier du couvent de Ste Marthe à Grasse et une grande Croix fut placée à côté de la porte de l’église.

1848. Mais hélas la révolution de février 1848 étonna tout le monde à Montauroux. Les Sectaires, libres penseurs de l’époque profitèrent de ce désarroi pour arriver à leur but satanique en forçant l’aimable vieillard à fuir. En effet pendant les soirées des 26, 27, 28 Février la plus grande partie des individus qui composaient les chambrées se réunissaient dans les rues, les parcouraient en chantant des airs révolutionnaires ; malheureusement la foule des curieux, troupeau de Panurge, suivait les meneurs, se rendit devant le presbytère et insulta son grand bienfaiteur. De là, ils furent chez le Maire Jean François Giraud, pour lui demander le départ du curé. On a même rapporté, sans pouvoir l’affirmer, que quelques individus avaient des cordes, d’autres une hache, quelques autres des pierres et des bâtons.

Mr Pierrugues privé, de l’appui des autorités locales, qui pour ne pas exalter davantage les passions populaires ne crurent pas devoir s’opposer à ces démonstrations menaçantes, abandonna le presbytère le 28 Février et se retira à Claviers son pays natal. Il y mourut après avoir édifié ses compatriotes le 20 Décembre 1862 âgé de 56 ans. Quelques jours après, vers la mi-mars, une commission municipale provisoire ayant remplacé le conseil municipal, plusieurs membres de cette commission accompagnés du nouveau Maire, allèrent enlever la porte des petites tribunes dont il a été déjà parlé et la brûlèrent sur la place de l’église.

  

Saint Barthélemy

Vacance de la Cure

De Mars à Juin la Cure est vacante. Mr l’Abbé Michel de Grasse, vient pendant une partie de cette période trimestrielle remplir par intérim les fonctions de curé. Il s’en acquitte à la satisfaction générale, c’est pendant cet intérim qu’eurent lieu à Fayence, chef-lieu de Canton, les élections à l’assemblée constituante de 1848. Le peuple s’y rendit en masse, drapeau en tête et précédé du Maire provisoire et Mr Michel curé.

M. l’Abbé Muraire Joseph Casimir né à Bar (A. m.) le 26/2 1806 il fut successivement vicaire à Tourrettes de Vence, recteur de la même paroisse, recteur à Bagnols, au Rouret, à Montauroux.

1848. 1er Juin. Mr Muraire est nommé recteur de la paroisse. La municipalité provisoire fait faire au presbytère diverses réparations importantes dont le prix s’élève à la somme d’environ 900 francs.

1849. On construisit la grande tribune en bois située au dessus de la porte d’entrée de l’église.

1850. Cette année la statue de la Ste Vierge étant exposée tous les jours, durant le mois de Marie, les bijoux dont elle était ornée entre autres une croix de légionnaire, des chaînes en or ont été enlevés sans qu’on ait fait officiellement aucune recherche pour découvrir l’auteur de ce vol sacrilège.

1851. La rumeur publique accuse M. Muraire de certains faits qui souilleraient trop le caractère du prêtre pour que nous osions les rapporter ici. Disons toutefois, qu’en quittant la paroisse, Mr Muraire dont le zèle paraissait ardent, la parole éloquente et facile et qui aurait pu occuper un poste plus avantageux, fut placé à Caussols une des plus petites paroisses du diocèse.

Honorat Jean Albert

Né à St Maximin le 28/10 1805 fut successivement vicaire à Pierrefeu le 1er Novembre 1834 ; recteur de la même paroisse à la mort de son curé le 1er Juillet 1838 ; recteur à Pourrières 1er /10 1847 ; recteur à Montauroux 1/9 1850 ; en retraite à St Maximin 1/10 1875 y décède le 15/12 1888 âgé de 83 ans.

La Croix qui avait été placée, en provisoire, à côté de la porte de l’église, faisant pendant à l’ancienne, à la fin de la retraite donnée par Mr Michel de Grasse en 1847 est transportée processionnellement avec une nombreuse assistance sur Loou Coullet deii Puits (*) sur la route de Montauroux à Callian où sans perdre son 1er souvenir elle rappelle aussi celui du Jubilé de l’année présente.

(*) domaine de la commune et autorisé par Mr le Maire du lieu. On a laissé sur la pente du chemin qui y conduit, 3 petites Croix, autant pour le respect dû à ce lieu que pour l’édification des passants.

La grande porte d’entrée de l’église tombant de vétusté est remplacée par une neuve qui coûte à la fabrique 208 fr. y compris son tambour rétréci en cette circonstance pour gagner un peu de place dans l’intérieur de l’église.

1852. Il a été acheté un grand ciboire en argent du prix de 200 frs. et un petit pour porter le viatique aux malades de la campagne et un autre pour les Saintes Huiles.

Plusieurs personnes généreuses ont donné pour le maître-autel un grand tapis, des cartons d’autel, une chasuble verte et deux objets pour le culte.

1853. Il a été confectionné et placé dans la chapelle de St Joseph, une niche avec des placards semblables à ceux de la chapelle de la Sainte Vierge et un nouveau buste de St Joseph a été acheté à Marseille du prix de 141 frs grâce à la générosité des fidèles.

L’ancien, beaucoup plus petit, fut vendu à Mr l’Abbé Lyons, curé de Adrets, au prix de 55 frs.

1850. Une nouvelle sacristie a été construite aux frais de la Fabrique moins de 200 frs obtenus de la Caisse départementale. Cet ouvrage a coûté 1500 frs. Vu son état de délabrement et d’insalubrité, sans parler sa petitesse, son exiguïté extrême, état provenant de son site et de son mode d’être, car on ne pouvait tenir ni ornements, ni linges nécessaires au culte, vu son état précaire, les membres de la Fabrique furent heureux de faire la sacristie actuelle.

Ainsi il fallut convertir la fenêtre de la sacristie en porte d’entrée pour la nouvelle sacristie.

1852. 18 Avril. Séance de quasimodo. M. le curé a presenté au Conseil un règlement de Mgr l’Evêque de Fréjus portant fixation du tarif des oblations à percevoir à l’occasion des cérémonies religieuses dans son diocèse nommément des convois et des sépultures, arrêté par Sa Grandeur le 21/6 1849 et promulgué le 24/10 1850 à la suite du décret du Président de la République en date du 8/6 1850.

Donc la nouvelle sacristie prenant son entrée dans l’ancienne a été construite par les deniers de la Fabrique, sauf une somme de 200 frs accordés à cette destination par le département. Mr Cyrille Cabasse entrepreneur, maçon, domicilié à Fayence, adjudicataire, Mr Dalmas Eugène de Callian ayant conduit les travaux du prix 1500,95 frs. Il a été placé l’année suivante un vestiaire fait par Mr Rolland menuisier à Fayence, don fait à la Fabrique par le curé.

Legs de Mme Veuve Talon

Le trésorier de la Fabrique de l’église de Montauroux est autorisé à accepter aux charges acceptées et imposées par Madame Marie-Madeleine Ricard Vve Talon suivant son testament publié le 15/7 1847 et consistant : 1° une somme de 500 frs destinés à l’achat d’ornements ; 2° en une somme de 300 frs pour la célébration des Messes Solennelles.

1853. Les chapelles de la Ste Vierge, de St Joseph, de St Sébastien, de Ste Anne ont été boisées par le fruit de leurs économies.

1854. Un quadre de chaises appartenant à la Fabrique on été substitués aux bancs des particuliers. Voici la délibération du Conseil de Fabrique :

Attendu qu’il est de la sagesse et de l’équité d’une administration de Fabrique, d’effacer tout sujet de discorde et de haine parmi les paroissiens présents et à venir, qui prendraient leur source dans l’église ; 2° d’éteindre tout murmure et toute jalousie entre eux pourvoyant aux droits de tous et de chacun ; 3° de corriger les abus réels et intolérables existants ; 4° de prendre les moyens voulus pour ouvrir l’entrée de l’église à un plus grand nombre de fidèles en fournissant aux uns et aux autres des places de convenance ; 5° de procurer cet ordre désiré dans l’ensemble pour l’uniformité des sièges et cet ensemble d’ordre qui favorise la propreté. Donc le Conseil de Fabrique délibère de remplacer les bancs et chaises des particuliers par des chaises, propriété de la Fabrique à dater du 1/1 1854. Ainsi voici l’arrêté de la Fabrique :

Art. I. Les personnes qui ont des bancs ou chaises à l’église sont invitées à les enlever dans le courant de la semaine prochaine du 20 au 25 du mois courant, si elle ne veulent pas les voir retirer d’office.

Art. 2. En attendant le réabonnement, elles se placeront sur les nouveaux sièges et à l’alignement qu’elles occupaient.

Art. 3. La chaise surnuméraire de chaque cordon pourra être occupé provisoirement par toute personne ayant droit de place à l’église.

18 mars 1854. Vu les articles 66 et 67 du décret du 30/10 1809 sur l’organisation et l’administration des Fabriques, les membres de la Fabrique arrêtent :

Art. 1. Les chaises fixes de tous les rangs dans l’église sont taxées au même prix 1,50 fr. l’une par année et seront distribuées aux fidèles par lot de 3 et de 4 en commençant par les rangs les plus rapprochés de l’autel.

Art. 2. Les fidèles qui voudront occuper un de ces lots se feront inscrire à cet effet au presbytère, dimanche prochain, 28 Mai à 1h du soir et après les vêpres.

Art. 3. Si un même lot est demandé par plusieurs personnes, elles le tireront immédiatement au sort et celles que le sort n’aura pas favorisé entreront en concurrence pour les lots des rangs à la suite des premiers.

Art. 4. L’abonnement aux lots désignés de 3 et 4 chaises est payable d’avance pour chaque année dans la 1ère quinzaine du mois de Mai, à défaut il sera considéré comme non avenu. Il courra d’ailleurs à compter du 1/5 1854 durera 5 années et pourra alors être renouvelé ou maintenu suivant que la Fabrique le jugera à propos.

Art. 5. Il existera à l’église des chaises modèles qui seront mises à la disposition des fidèles moyennant 0.05 fr . Montauroux le 21/5 1854.

1854. Deux petits bénitiers en marbre blanc forme coquille sont placés sur le mur à côté de la porte intérieure.

14/5 1854. A 2h du soir Mgr Wicart évêque de Fréjus et Toulon venant de Callian a donné le sacrement de Confirmation. Il est reparti immédiatement après pour Grasse.

1855. Mission. Une mission a été donné par un Père capucin R. P. Bernard de la maison d’Aix. Beaucoup de zèle et de dévouement de la part du Missionnaire ; peut de fruits de la part des paroissiens, des hommes surtout. Hélas, ni la dissipation dans les tribunes, occasionnés par les jeunes gens et leur manque de respect persévérant, il a été établi un officier d’église ou bedeau pour la police.

1856. Des exercices de prédications, en forme de retraite ont été donnés chaque jour, à partir du 3e dimanche de Carême jusqu’au dimanche de Pâques inclusivement par le R. P. Supérieur Missionnaire Oblat de Marie de la Maison fondée par Mgr de Mazenod de Marseille . Le Prédicateur d’un caractère doux et attrayant a déployé tous les moyens possibles pour attirer autour de la chaire un grand concours. Hélas, peu d’hommes ont répondu à son appel empressé.

La Communion pascale des femmes a été satisfaisante sans cependant que le nombre se soit accru de beaucoup sur celui de la Communion générale de la Mission de 1855 et celles des hommes a réussi à peu près le même nombre de cette dernière époque mémorable qui ne fut que de 35. Celui des femmes ayant été de 309. Ces 2 tentatives extraordinaires se succédant dans l’intention d’améliorer l’esprit de la population, hélas n’ayant rien produit sur la masse des hommes prouvent suffisamment leur caractère religieux. Chez les uns il y a indifférence et apathie mortelles ; chez les autres, il y a incrédulité, impiété et hostilité. Cependant si la Mission de 1855 n’a opéré que très peu de fruits sur la masse des hommes pour ne pas dire point, il est très juste de reconnaître qu’en dotant le pays d’une administration religieuse dans les personnes de M. M. Poulle Augustin, Maire et Chiris Jean-François adjoint, elle ait produit un grand bien dont le présent atteste les heureux avantages et qui a une portée immense dans l’avenir de la population.

1856. Confirmation. Le 7 du mois de Juin, les enfants de la paroisse qui devaient faire la 1ère Communion cette année au nombre de 37 sont conduits à Fayence pour être confirmés par Mgr Joseph Henri Jordany évêque de Fréjus et Toulon.

1857. Les fonds baptismaux occupent un endroit humide, peu décent, et sans fermeture, sont transférés au côté gauche du tambour de l’église dans l’embrasure de la grande porte primitive d’y celle qui est façonnée à cet effet en forme de niche surmontée par une coquille en plâtre blanc.

Ce travail : maçonnerie, décorations, pierres de taille est fait pour la comme de 133 frs, la pierre baptismale est l’ancien bénitier de la paroisse.

1858. Il fut placée une grille aux fonts baptismaux du coût de 228 frs. Le couvercle des fonts baptismaux a été fait à Grasse pour le prix de 22 frs.

1858. Visite pastorale de Mgr Jordany. L’an 1858 et le 4/5 vers 6h du soir, Mgr Joseph Henri Antoine Jordany évêque de Fréjus et Toulon a fait son entrée dans l’enceinte du village de Montauroux au son des cloches et au bruit des tambourins au milieu d’un détachement d’honneur de la bravade du pays, accompagné de Mr le Maire sui s’était porté au devant de Sa Grandeur accompagné de son Conseil pour la recevoir et la complimenter. Le Prélat ayant fait sa prière sur la marche de l’autel improvisé, la procession s’est avancée vers l’église, au chant du Benedictus, où Mr le curé lui a présenté l’eau bénite, l’a encensé et lui a adressé ensuite son compliment auquel sa Grandeur a répondu avec cet à propos et ce ton de paternité qui lui sont propres. Après les prières d’usage Mgr est monté en chaire. Il a commencé par faire une touchante allusion à ces mots qui lui ont été adressés. « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » et les a expliqués, puis il a parlé avec beaucoup d’onction, devant cette nombreuse assemblée qui remplissait église et tribunes, contre le blasphème et la violation du dimanche.

Les paroles du prélat, religieusement écoutées, ont été vivement senties. Après le salut on a conduit en cérémonie Sa Grandeur au presbytère. Le lendemain 5, Mgr a célébré la Ste Messe et donné le sacrement de Confirmation à 29 personnes parmi lesquelles figuraient 3 hommes et une femme déjà avancés en âge et un vieillard octogénaire.

Après le dîner Sa Grandeur a fait la visite de l’église, de la sacristie, des Autels, des nombreuses reliques auxquelles il a apposé son sceau. A la suite Sa Grandeur a ordonné : 1° Qu’il serait effacé la peinture du marbre du grand autel ; 2° Qu’il serait donné une place d’honneur au tableau de St Jean Bte servant de porte de cabinet qui est du côté des Fonts baptismaux ; 3° Qu’il serait avisé aux moyens les plus convenables pour sauvegarder la décence et le respect dû au Lieu Saint dans les tribunes ; 4° Qu’il serait acheté par la Fabrique aussitôt que des ressources le permettraient une Chape, une écharpe blanche, etc., pour les solennités.

De retour au presbytère, Sa Grandeur a reçu le Conseil municipal, les membres de la Bravade, l’Instituteur, l’Institutrice avec leurs élèves et les différentes Congrégations de la paroisse : de la Ste Vierge, de Ste Anne et tous ont été enchantés de l’accueil du Prélat. A son départ les autorités, la Bravade et la majorité des habitants ont accompagné Sa Grandeur jusqu’aux dernières maisons du village et l’ont acclamé vivement.

La Fabrique a acheté différents objets du culte : chape noire, chasuble violette, Croix de Procession et plusieurs chandeliers.

1858. La Congrégation des filles de la Ste Vierge a fait l’achat d’une statue de la Vierge Immaculée Conception du prix de 290 frs à la maison Galard statuaire Marseille.

1859. Gde réparation. Les grandes réparations sont faites à l’église par les deniers de la Commune qui y a été contrainte par M. le Préfet. On a fait des peintures au sanctuaire, on a blanchi toutes les chapelles latérales et les tribunes. On a ensuite placé les boiseries, peintes en faux bois de noyer, du sanctuaire de la chapelle du Purgatoire, de St Sébastien.

Un sujet à la fresque représentant les 4 évangélistes, St Barthélemy, patron de la paroisse, au milieu est dessiné sur la voûte du sanctuaire par 2 peintres Niçois, Galli et Coste pour la somme de 500 frs. On a renouvelé tous les tableaux du chemin de la Croix pour la somme de 300 frs (achetés à la maison Gaspard à Paris). Le sanctuaire a été pavé en marbre. Cette dépense à la charge de la Fabrique a été de 412,50. Un nouveau confessional fait à Fayence a été placé dans la chapelle du Purgatoire du prix de 150 frs enfin d’autres réparations ont été faites à la porte et à la façade de l’église.

1860. Chapelle de la Colle Noire. Une chapelle domestique bâtie par les deniers de M. Poulle Emmanuel, 1er Président à la Cour impériale d’Aix, à son château de la Colle Noire a été bénite par Mr l’Abbé Jean curé doyen de Fayence, délégué par Mgr l’évêque de Fréjus et Toulon, sous le patronage de Ste Anne.

Retraite par Mr Damico, chanoine de Fréjus. Une grande retraite de 3 semaines avec instruction le matin, le soir et chaque jour est prêchée en Carême par Mr Damico chanoine titulaire du Chapitre de Fréjus et Missionnaire apostolique. Le Prédicateur a déployé beaucoup de zèle, de charité et d’onction à ses instructions. Mais à la grande honte des habitants de Montauroux soit par indifférence ou par irréligion, ils n’y ont point correspondu hélas, les instructions n’ont pas été très bien suivies aussi les fruits ont été entièrement nuls chez les hommes et très médiocres chez les femmes.

1832. Confirmation. Le 23 Avril 1862, trente trois enfants de la paroisse ont été conduits à Callian pour recevoir le sacrement de Confirmation.

« Permission à M. le Doyen de Fayence de bénir les bestiaux au quartier de chapelle de la Colle Noire, le jours de St Pons (14 mai).

Le curé de Montauroux ne peut être requis vu qu’il avait les mêmes cérémonies dans sa paroisse. De plus le curé ne peut assurer le dimanche, le service de la chapelle, étant obligé de dire 2 messes à la paroisse.

Donc M. Poulle pendant son séjour à la Colle Noire doit se pourvoir pour le service de la Messe du dimanche à une autre paroisse du Canton.

      

Saintes Victoire et Spécieuse

Reliquaires et Reliques

Les grands Reliquaires dorés dont 4 à forme pyramidale et 2 à tombeaux on été achetés en 1859 à la maison Gallard à Marseille pour le prix de 300 frs. Ils recèlent des reliques de St Macaire, martyr ; de St Théophile martyr ; de Ste Benoîte martyre qui furent reçues avec l’authentique de l’évêché de Marseille par l’entremise toute bienveillante et en don du Couvent des Religieuses des S.S. Noms de Jésus et de Marie, de cette ville. Ces reliques ont été présentées à Mgr l’évêque de Fréjus et Toulon le 27 Janvier 1860, qui les ayant reconnues, à apposé son sceau d’approbation sur l’authentique avec la permission de les exposer à la vénération des fidèles.

1863. En 1863 ont été achetés à la maison Bent fils aîné, brodeur chasublier à Toulouse, 2 chasubles, l’une de drap d’or, prix 200 frs ; et l’autre couleur rouge très belle moire antique toute soie, 130 frs.

1863. Binage exclusivement accordé à l’église paroissiales, même le jour de la fête champêtre de la Colle Noire.

M. Poulle Emmanuel, 1er Président de la Cour impériale d’Aix, demande que la seconde messe de la paroisse, du 2e dimanche du mois d’Octobre, jour de la fête champêtre de sa chapelle de la Colle Noire, soir transféré à celle-ci et dite par le curé de Montauroux. Mgr l’évêque dans sa réponse à la lettre d’instruction du curé du 15/10 1863, ne permet d’intervenir en aucune manière le binage qui n’est accordé qu’en faveur de l’église paroissiale : « Vous ne pouvez pas priver vos paroissiens de la seconde messe en la transportant ailleurs ». Lettre de Mgr l’évêque de Fréjus et Toulon du 20/10 1865 restée dans les archives.

1864. Une chape rouge, moire très belle, pour assortir la chasuble mentionnée ci-dessus du coût de 200 frs, une chasuble couleur noire pour les 1ères classes qui a coûté 52 frs et un tour d’autel doré avec galon du même ont été achetés à la même maison Bent à Toulouse.

1864. M. Damico chanoine titulaire du chapitre de Fréjus et missionnaire apostolique a donné pour la 2e fois dans la paroisse de Montauroux, les exercices de la Retraite préparatoire à la Communion Pascale qui ont duré depuis le 4e dimanche du Carême jusqu’à celui des Rameaux inclusivement. Il ne s’est point démenti de son grand zèle et de son ardeur, qu’on lui connaît pour attirer les âmes à Dieu, non plus de sa parole pathétique et toujours à la portée du peuple des campagnes mais le résultat n’y a pas correspondu.

Cependant on a vu aux Pâques 4 hommes de plus et un nombre satisfaisant de femmes. Il a été patent une fois de plus par le trop grand nombre d’hommes absents aux prédications, qu’ils redoutent d’une manière singulière, la clarté de la lumière et qu’ils semblent avoir pris le parti, au sein de leur indifférence, de rester dans les ténèbres des passions.

1864. Croix avec Christ placée dans l’église. Le 20 Mars, dimanche des Rameaux, jour de la clôture des exercices donnés par M. Damico, une grande Croix avec Christ, a été solennellement bénite par M. le curé autorisé par Mgr l’évêque. Après être restée exposée à l’adoration des fidèles tout le temps des Offices, elle a été portée processionnellement et placée dans l’intérieur de l’église entre le 1er pilier à droite, vis à vis de la chapelle de Ste Anne faisant face à la porte d’entrée. Là indépendamment des salutaires effets sur les cœurs des fidèles que l’on a eu en vue, en plaçant ce monument sacré dans le Lieu Saint, tout d’abord sous les yeux, il ne servira pas peu à inspirer le recueillement religieux aux entrants comme à conserver l’esprit de Dieu dans les sortants.

Cette Croix avec son Christ est un don fait à l’église de Montauroux par M. Honorat curé dudit lieu avec cette condition expresse qu’elle ne peut jamais changer de place pour une autre destination quelconque (cependant elle sera placée plus tard sur le pilier en face de la chaire).

1864. 3 Avril. Il a été érigé canoniquement avec l’agrément et l’autorisation de Mgr l’Evêque de Fréjus et Toulon, ainsi qu’il paraît par la lettre de Sa Grandeur en date du 8/1 1864 restée dans les archives de l’église : « La Confrérie de N.D. du Mont Carmel dite de St Scapulaire », laquelle a été inscrite avec les noms des personnes agrées jusqu’à ce jour à la suite des Associations pieuses déjà existantes dans la Paroisse, je veux dire : du T. St Cœur de Jésus, du T. St Cœur de Marie, de l’Association Réparatrice contre les blasphèmes et la violation des Saints jours du Dimanche.

1865. De nombreuses réparations ont été faites à l’église, à la chapelle de St Barthélémy et au presbytère par la Commune.

1865. Le R. P. Touche, missionnaire apostolique, prêtre du diocèse de Digne a ouvert le Jubilé le 3e jour du Carême. Il a déployé dans ses instructions qui ont duré pendant 15 jours tous les élans de sa foi vive et ardente. Il y a constamment montré son grand amour pour Dieu, son grand zèle pour le salut des âmes, mais faut-il le dire toujours à la honte des Montaurousiens, il a été peu suivi par les hommes. Les femmes ont fait preuve de bonne volonté et ont gagné le Jubilé en grand nombre.

1865. Visite pastorale. Mgr Jordany avait annoncé la Confirmation pour le 28/3 1865. Au jour dit vers le soir, le clergé, les fabriciens, l’autorité locale, musique en tête descendent ensemble sur le chemin neuf à la rencontre de la voiture de Sa Grandeur ; mais quelle ne fut pas la surprise de toute l’assemblée d’en voir sortir Mgr Jeancard, évêque de Cérame qui était accompagné du nouveau vicaire général. Mr Maunier au lieu de notre évêque attendu, empêché par la maladie. Fut reçu triomphalement par la municipalité, musique, Bravade, majorité des habitants. Mgr Jeancard adressa la parole à la multitude qui remplissait l’église. Le lendemain 29, la Ste Messe est célébrée par Mgr l’évêque de Cérame qui donne le sacrement de Confirmation après à 70 personnes enfants ou adultes.

Dans l’après midi, Sa Grandeur se rend à Callian et de là à Fréjus.

1866. Un maître-autel de la valeur de 1300 frs a été commandé par la Fabrique à M. Toppue, marbrier à Draguignan.

1865. Melle Pauline Bourgarel en religion Sœur Marie Joseph capucine au monastère d’Aix a donné une somme pour une école de Frères – des œuvres paroissiales.

1867. La foudre a parcouru le clocher sans grande dégradation importante, elle a seulement sillonné en zigzag la face Est de la tour.

1868. La foudre a visité de nouveau le clocher, ne lui faisant aucun dommage sérieux heureusement.

1868. Une nouvelle statue de Ste Anne pour 260 frs a été acheté chez M. Galaro, statuaire à Marseille.

1869. Visite pastorale de Mgr Jordany. Le 2 mai vers 6 heures du soir, Mgr l’évêque de Fréjus et de Toulon, Joseph, Henri, Jordany, accompagné de M. Maunier vicaire général suivi du curé doyen de Fayence.

Arrivé aux abords du pays où l’attendaient le curé de la paroisse, entouré de ses fabriciens, Mr le Maire et son Conseil, un détachement de la Bravade des Saintes, ayant en tête la musique et la majorité de la population. L’église fut nécessairement trop petite pour contenir la foule. Mgr félicita les paroissiens de leur bon esprit et les encouragea à vivre en bons chrétiens.

Le lendemain matin beaucoup de femmes communièrent à la Ste Messe de Mgr l’évêque et 41 enfants sont confirmés et le soir vers 3 heures Mgr quitte la paroisse avec les mêmes honneurs de la veille certainement satisfait de la population et du pasteur.

1869. Sur le grand autel en marbre, nouvellement placé, dénué de niche, on ne pouvait exposer assez décemment, le 3e dimanche du mois, le T. S. Sacrement. Le piédestal qui surmonte la boule le laissait voir au milieu d’une nudité trop saillante, plus encore parce qu’on ne pouvait l’entourer comme le porte la rubrique d’une lumière convenable. On fit l’achat d’une niche dorée d’une forme très élégante du prix de 175 frs. Quelques personnes aidèrent par leur générosité à payer les frais du grand autel.

1870. 27 Mars. Le R. P. Pradel prieur du monastère des F. Précheurs de St Maximin, après avoir prêché une retraite de 15 jours institua le Rosaire Perpétuel.

1870. Redorure des autels de la Ste Vierge et de St Joseph. Le 1er à coûté 635 frs et le second 420 frs. Ce dernier a été payé par les fidèles particulièrement par M. M. Fabre, Mus et Cassien Tallent. Les corps saints de la Ste Vierge, St Barthélémy, Ste Victoire, Ste Spécieuse ont été redorés par le même artiste (Hemet doreur à Cannes)

1870. Mme Veuve Berthe a acheté 2 chapes blanches, une exposition dorée et huméral blanc.

1872. Le 10 Avril Mgr Jordany donne le sacrement de Confirmation à Fayence et 67 enfants de la paroisse y sont conduits, garçons et jeunes filles de divers âges.

1872. L’Avent est prêché par le R. P. Blanc dominicain de la maison de St Maximin. Un seul homme et 180 femmes communièrent à la Noël.

1874. Vitraux et Rosace du Bon Pasteur. La maison Charlemagne de Toulouse expédie à la paroisse des vitraux aux fenêtres de l’église et la rosace représentant le Bon Pasteur pour la somme de 600 frs.

(Note) Mgr l’évêque de Fréjus voulant prouver son souvenir reconnaissant à Mr Louis Fabre grand bienfaiteur de la Fabrique de cette paroisse à laquelle a laissé par testament une somme destinée à divers œuvres, 14 000 frs, pour les œuvres de la paroisse et 4000 frs, pour les orgues, nous autorisons dit-il la célébration de la Ste Messe (x) fois par an dans la petite chapelle de sa villa de Gimbrette dans laquelle reposent ses restes. Cette permission est subordonnée à une délibération du Conseil de Fabrique votant les frais nécessaires. Ainsi qu’à la tenue décente et à la destination exclusivement religieuse de la chapelle dont la surveillance restera acquise à Mr le curé de la paroisse. Fréjus le 23/11 1880. Ferdinand, évêque de Fréjus et Toulon.

Tant que les possesseurs de la chapelle de Gimbrette ne se sont pas opposés à la célébration des susdites messes, la Fabrique a exécuté les volontés du défunt. Mais depuis le vol légal des titres de la Fabrique aucune messe n’est plus célébrée par le repos de l’âme de ce grand bienfaiteur du pays.

On sait que Mme Segallon devenue propriétaire de la villa Gimbrette refusa de garder les ornements pour les messes, malgré la demande formulée par le Conseil de Fabrique.

1874. Un autel de marbre a été fourni par Mr Autran marbrier sculpteur à Grasse pour la somme de 800 frs.

1875. Un orgue de 4000 frs légué à la Fabrique par M. Louis, Maurice Fabre propriétaire à Montauroux, grand bienfaiteur de la paroisse par son testament 1870 a été placé sur le plus basse tribune au-dessus de la porte d’entrée de l’église par M. Valencini facteur d’orgues domicilié à Nice.

Inauguration des orgues. Le dimanche de la Passion, il y a eu l’inauguration solennelle des orgues. Les hommes remplissaient les vastes tribunes, peu ont manqué. Avant de commencer les Vêpres on s’est rendu processionnellement sur la balustrade de l’orgue au chant du psaume (Laudate Dominum de coelis). Là M. le curé Honorat, en l’absence des dignitaires ecclésiastiques invités à venir présider la cérémonie a béni l’instrument avec les prières d’usage. Puis s’étant tourné vers la nombreuse assemblée il a prononcé quelques paroles de circonstance qui ont été religieusement écoutées.

1875. Un autel en marbre du prix de 800 frs a été confectionné à Grasse par M. Autran pour a chapelle de Ste Anne.

1875. Le 20/9. M. l’Abbé Honorat quitte la paroisse pour prendre sa retraite à St Maximin où il mourra le 15/12 1888 âgé de 83 ans. Il est donc remplacé par M. Ravel Célestin Auguste né à Puget Ville le 30/1 1830 fut successivement vicaire à Entrecasteaux le 1/11 1856 ; vicaire aux Arcs 1/3 1859 ; vicaire à St Cyprien à Toulon 15/12 1865 ; recteur à Vins 15/11 1868 ; recteur à Montauroux le 15/11 1875 ; curé doyen de Comps 15/7 1884 ; recteur à Puget Ville en 1886, y décède le 9/1 1892 âgé de 62 ans.

1876. Jubilé prêché par M. Vidal, chanoine honoraire de Fréjus. Le résultat a été presque nul pour les hommes mais assez consolant pour les femmes.

1876. Achat de 4 grand lustres à la maison Montheiller de Lyon.

1878. Permission de célébrer la Ste Messe à la Chapelle de la Colle Noire. Mgr l’évêque autorise Mme Reibaud à faire célébrer le St Sacrifice de la messe à la chapelle de la Colle Noire les dimanches, fêtes et autres jours de l’année pour elle et les habitants du quartier à l’exception des solennités de Noël, Epiphanie, Jeudi-Saint, Pâques, Ascension, Pentecôte, St Pierre et St Paul, Annonciation, Assomption, Toussaint et la fête patronale de St Barthélemy.

On pourra y recevoir la Ste Eucharistie, la Communion pascale exceptée. La susdite permission est accordée chaque année.

1878. Inauguration du monument en l’honneur de Notre Dame de Lourdes. Le jour de l’Immaculée Conception a été inauguré un monument dans l’église paroissiale en l’honneur de Notre Dame de Lourdes. La grotte et la belle statue de Notre Dame de Lourdes sont dues uniquement à la générosité des habitants.

1879. Jubilé. Le Jubilé accordé par sa Sainteté Léon XIII à son avènement sur le trône pontifical a été prêché à Montauroux par le R. P. Laurent de l’ordre des Capucins de la maison de Lorgues. Les exercices commencés le 25 Mai on été clôturés le 1er Juin, jour de la Pentecôte. Ces exercices ont été palpitants d’intérêt et d’actualité, aussi ont-ils été suivis avec la plus vive attention par les hommes et par les femmes. Les tribunes étaient tous les soirs remplies, les fruits ont été assez satisfaisants de la part des femmes mais nullement du côté des hommes. Quatre seulement ont accompli leur devoir.

1879. En Novembre. Erection d’un Via Crucis à la Colle Noire par le curé de la paroisse autorisé par Mgr l’évêque.

1880. 1° Achat d’une statue de St Joseph avec l’Enfant Jésus à ses côtés. Cette statue est due à la générosité d’un bienfaiteur ainsi que plusieurs candélabres et 6 bouquets.

2° Achat d’une statue de St Sébastien et 6 bouquets pour l’autel de St Sébastien payés en partie par l’autel et par une personne charitable. 3° Achat d’une statue de 1m,60 de Notre Dame de Lourdes à la maison Raff de Paris, don d’une personne anonyme. 4° Achat chez M. Montheillet d’un calice pour la paroisse. 5° Achat de 2 anges porte candélabre pour le maître-autel. 6° Achat d’une belle pente pour l’autel de Ste Anne. 7° Achat de 6 beaux chandeliers dorés pour l’autel de la Ste Vierge. 8° Achat de 4 chandeliers, d’une pente, d’une Croix pour l’autel de Notre Dame de Lourdes et plusieurs tapis pour les autels.

1880. Visite pastorale. Mgr Terris évêque de Fréjus et Toulon accompagné de M. Martin vicaire général est arrivé le 19 Avril à 4 heures du soir au Château de la Colle Noire, appartenant à l’honorable famille Reibaud. Le lendemain 20 Avril, Sa Grandeur accompagnée de la famille Reibeaud, de M. le Grand Vicaire, de M. Manfredi chanoine honoraire et curé de la ville d’Antibes, arrive à Montauroux vers 8 heures du matin. M. le curé de la paroisse, ceux de Biot, de Callian, de Mons vont à sa rencontre suivis de Messieurs les Fabriciens, d’une grande foule, M. le Maire invité jusqu’à 2 fois par M. le curé brille par son absence. Complimentée par le Président de la Fabrique, Sa Grandeur revêt les ornements pontificaux. La procession à laquelle assistent les demoiselles choristes de Montauroux et de Callian se met en marche au chant du « Benedictus ».

Arrivé au seuil de l’église, Mgr est complimenté par M. le Curé et après les prières prescrites, Sa Grandeur dans une élégante et émouvante allocution, félicité le peuple de Montauroux de son empressement à venir à sa rencontre, retrace à grand traits les principaux devoirs d’un chrétien. Cette chaleureuse allocution terminée, Sa Grandeur commence la Ste Messe pendant laquelle les choristes de Montauroux et de Callian chantent des Cantiques de circonstance […]